décroissance

Mercredi 30 avril 2008



"Presque toutes les révolutions qui ont changé la face des peuples ont été faites pour consacrer ou pour détruire l'inégalité. Ecartez les causes secondaires qui ont produit les grandes agitations des hommes, vous en arriverez presque toujours à l'inégalité. Ce sont les pauvres qui ont voulu ravir les biens des riches, ou les riches qui ont essayé d'enchainer les pauvres.
Si donc vous pouvez fonder un état de société où chacun ait quelque chose à garder et peu à prendre, vous aurez beaucoup fait pour la paix du monde".

Alexis de Tocqueville, De la Démocratie en Amérique (1840), Tome II


Si Tocqueville défend plutôt l'idée d'une grande classe moyenne; il semble que l'idée de la décroissance réponde bien mieux à la définition de cette société sans conflit.

Une société décroissante serait donc moins violente...

 

 

Par ecosophia
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Samedi 5 avril 2008


"La déviance est créée par la société.... les groupes sociaux créent la déviance en instituant des normes dont la transgression constitue la déviance, en appliquant ces normes à certains individus et en les étiquetant comme les déviants. "
" Le déviant est celui auquel cette étiquette a été appliquée avec succès et le comportement déviant est celui auquel la collectivité attache cette étiquette...."

Cet extrait est tiré de l'ouvrage de H.S. Becker OUTSIDERS, qui dit en terme plus lisible que l'acte déviant n'est pas nécessairement amoral ou lié à un dysfonctionnement de l'individu, mais peut aussi être lié à l'action de certains groupes d'individus qui font "pression" pour rendre un comportement déviant.

D'où ma question : les décroissants et les adeptes de la simplicité volontaire sont-ils des déviants?

 

Par ecosophia
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Jeudi 27 mars 2008


Notre association organisera prochainement la projection d'un film sur la décroissance (le 7 mai).


Celui-ci sera suivi d'un débat; je vous propose de commencer à participer à celui-ci en nous proposant votre définition de la simplicité volontaire.

Par ecosophia
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Samedi 22 mars 2008

L’empreinte écologique est une estimation de la superficie nécessaire pour produire les consommations de chaque individu (objets, services, énergie) et pour absorber ses déchets. On l’exprime donc en hectares (ha) par habitant. Je vous invite à commencer par calculer votre propre empreinte écologique à l’aide du questionnaire ci-dessous (extrait de Planète attitude, les gestes écologiques au quotidien, éditions du Seuil, avril 2004).
Cet article est extrait du guide des alternatives pour le XXIème siècle, réalisé par les membres de l'association Ecosophia qui est diffusé gratuitement.

 


Je mange de la viande :

2 fois par jour : +40
1 fois par jour 0
2 ou 3 fois par semaine -10
rarement ou jamais -20

 

J’achète viande et poisson frais plutôt que surgelés :

Jamais +10
Souvent 0
Toujours -10

 

J’achète fruits et légumes frais et non préparés :

Jamais +10
Souvent 0
Toujours -10

 

J’achète des produits :

Fabriqués de préférence en France (en Europe) -10
Sans prêter attention au lieu de fabrication 0


J’habite :

Une maison non mitoyenne +10
Une maison mitoyenne 0
Un appartement -20

 

 

 

Je me lave :

En prenant des bains +10
En prenant des bains et des douches 0
En prenant des douches -5

 

Je vais travailler

En voiture 0
En train -30
En métro, tramway, bus ou car -30
En vélo ou à pied -50
Je ne travaille pas -50

 

Ma voiture :

Est une sportive +110
Est un gros 4x4 +70
Est un monospace +30
Est une grande routière +20
Est une routière moyenne 0
Est une petite voiture -5
Je n’ai pas de voiture -80

 

Je pars habituellement en vacances :

En avion (vols long-courriers) 0
En voiture 0
En bateau -15
En train -10
En vélo ou à pied -20

 

Je privilégie les vacances en France ou en Europe :

Oui 0
Non +20

     

Résultats 

  
 Votre empreinté écologique est :

Inférieur à -70 inférieure à 4 hectares

Compris entre -70 et -10 comprise entre 4 et 5 hectares

Compris entre -10 et +10 comprise entre 5 et 5,4 hectares

Compris entre +10 et +50 comprise entre 5,4 et 6 hectares

Compris entre +50 et +100 comprise entre 6 et 7 hectares

Supérieur à +100 supérieure à 7 hectares.  

Bon d’accord, mais ça m’avance à quoi de savoir que je suis plutôt vers 4, 5, 6 ou 7 ha ?

moyenne française : 5,2 ha.

niveau soutenable de la planète : 1,9 ha.


Par ecosophia
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Dimanche 16 mars 2008

Qu’est-ce que le bonheur ?

Si nous nous contentons de nous observer, on pourrait dire que nous le considérons comme le sentiment de satisfaction qui accompagne l’utilisation et la consommation de biens matériels et immatériels. Cette définition est bien réductrice et limitait à des aspects matériels et quantitatifs. Pourtant, c’est bien ce que nous recherchons en courant après la croissance économique.

Le système capitaliste à économie de marché, a permis de réaliser d’énormes progrès sociaux, de santé et d’instruction. Ceux-ci n’étaient donc pas uniquement quantitatifs, la croissance avait des effets de "percolation" importants. C’est ainsi, que croissance et bonheur ont été assimilés. Ainsi, les générations passées ont été, en général, moins heureuses, que leur progéniture ; car le progrès ( dans l’aspect qualitatif) était continu. Or, aujourd’hui, il n’est pas certain que les générations nées au milieu du 20ème siècle soient moins heureuses que les générations présentes et futures. Tout simplement, parce que le système capitaliste a plus d’effets néfastes (externalités négatives) sur notre bonheur que d’effets de percolation. Pourquoi continuons-nous alors, à rechercher la croissance économique, à tout prix ?

Le fait est que, pendant de nombreuses années, la croissance économique a été considérée comme le meilleur moyen d’atteindre le "bonheur global maximum". Nos sociétés ont oublié qu’elle n’était qu’un moyen, et la croissance est devenue l’objectif à atteindre. Ainsi, l’augmentation du PIB est devenu le rêve de nos différentes nations ; même si pour cela, le chômage, la pauvreté, les reculs sociaux, doivent être plus nombreux (si la population doit être plus malheureuse). Or, ce PIB est une construction humaine, qui ne représente pas une réalité parfaite. Il ne prend en compte que la valeur marchande et monétaire de certains biens et services, et il comptabilise, en positif, des activités négatives (dépollution, réparation,...).

Ne produisons nous pas des produits dont les méthodes de production sont plus risqués pour notre santé, socialement injustes, mais dont le coût réduit nous permet d’en consommer davantage, au point d’être obèses, et d’en subir les conséquences ? N’est-il pas aberrant de faire voyager un produit tout au tour du monde lors de sa production : on fabrique telle pièce là parce que le coût de la main d’œuvre est plus intéressant, ici car cette matière première est moins chère ? Au final, le coût de revient est moindre, mais la pollution ( à cause des avions, des bateaux, des camions) est supérieur, tout comme les risques d’accident engendrés par la concentration du trafic. De même, la publicité permet d’augmenter le PIB ; d’abord par son chiffre d’affaire propre, mais aussi par le chiffre d’affaire supplémentaire qu’elle permet de faire gagner à ses clients. Elle manipule donc les consommateurs, de manière souvent perfide, pour les faire acheter plus et comme eux (les publicitaires) le désirent.

Si malgré cela, la situation ne change pas, c’est parce qu’il est devenu normal, naturel, pour nous tous, que l’économie dicte sa loi. Nous avons intériorisé la primauté de l’économie. Les règles du capitalisme sont considérées comme des lois naturelles, que l’ont subies. Ainsi, il est "normal" qu'un footballeur, un chanteur, un acteur gagnent autant d'a
Ces normes et valeurs du capitalisme financier sont si bien intériorisées, que nous sommes incapables d’imaginer un autre moyen de régulation sociale. De plus, ceux qui ont les moyens de changer les choses, sont ceux qui profitent et souvent croient dans le système.


Sylvain, membre Ecosophia

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Mardi 26 février 2008

Une critique est faite régulièrement par les "sympathisants de gauche" ( je ne veux pas limiter ce commentaire aux partis politiques) aux écologistes. Ils leur reprochent de défendre l'environnement  en priorité et sans critiquer le système socio-économique, responsable des déséquilibres environnementaux. 
Il y a 2 critiques ici :
- l'environnement comme objectif prioritaire.
- La non contestation du système.


Environnement comme objectif prioritaire :

Il me semble qu'il y a 2 voix (ou 2 motivations initiales et principales) qui mènent à l'écologie militante (qu'elle soit politique ou associative) :

-L'écologie environnementaliste : Ce "courant" a pour but la défense de l'environnement par amour pour les animaux et la nature.  Chaque "écologiste" défend bien évidemment ce point de vue, mais dans des proportions et des mesures différentes. Pour ma part, je n'hésiterais pas un instant à privilégier la vie d'une être humain à celui de 10 animaux. Ce "courant" poussé à l'extrême conduit une minorité vers ce que je nomme "l'éco-fascisme". Une conception de l'écologie où les thèses malthusiennes sont remises au goût du jour et où l'homme devient l'ennemi. Dans ce contexte évidemment l'environnement devient la priorité.

-L'écologie humaniste : La motivation initiale de "ce courant" est l'amour de l'homme et la défense de valeurs humanistes.L'environnement n'est alors plus préservé pour lui-même, mais parce que les conséquences du non respect de la nature nuisent à l'homme. Ainsi, par exemple, la lutte contre le changement climatique n'a de sens que parce qu'il va tuer des milliers d'individus et particulièrement les plus démunis. Il faut donc éviter les conséquences dramatiques pour l'homme. De même, on rejettera l'utilisation de produits toxiques parce qu'ils rendent malades et particulièrement les classes sociales les moins favorisées. 

Contrairement à ce que pense l'opinion publique, la majorité des écologistes ne défendent pas l'environnement pour lui-même et certainement pas à tout prix!


Contestation du système :

L'opposition des 2 "courants" va se retrouver dans la vision vis à vis du système, notamment dans les responsabilités de celui-ci dans la crise écologique actuelle. 

-L'écologie environnementaliste recherchera plutôt les explications de la destruction de l'environnement dans les comportements humains, dans la nature humaine. Elle se présente généralement comme indépendante politiquement ou en dehors des clivages traditionnels.

-L'écologie humaniste est nécessairement contestataire et recherche les causes de la destruction de l'environnement et de ses dangers pour la santé humaine dans les perversités du système socio-économique. Elle dénonce le fait que les principales victimes sont souvent les moins favorisés et les plus vulnérables, alors qu'ils ne sont généralement pas les responsables. Elle dénonce la société de consommation et le toujours plus, toujours plus vite. Elle dénonce l'absurdité du système qui nie l'homme et ne fait plus de lui qu'un facteur de production ou un consommateur manipulé par la publicité et les frustrations sociales.

L'écologie militante est donc généralement contestataire!


Et vous, alors?

Et vous, sympathisants de gauche, en défendant votre consommation à n'importe quel prix, ne participez-vous pas au triomphe actuel du capitalisme libéral? En défendant le droit de consommer toujours plus ne permettez-vous pas aux firmes d'engendrer des profits, de brandir le spectre de l'emploi, seule voix vers la sacro-sainte consommation,et finalement d'assurer la domination de l'homme .... par le système? N'y a-t-il pas une convergence d'intérêts entre les détenteurs de capitaux et la classe des travailleurs, prête à des sacrifices sociaux, pour leur santé, celle de leurs enfants au nom du toujours plus. 
Les écologistes, eux, ne se contentent pas de contester le système par leurs propos, mais aussi et surtout par leurs actions de tous les jours en refusant un consumérisme exacerbé. 
A l'heure actuelle, ne pas consommer comme les puissants voudraient qu'on le fasse, n'est-il pas l'acte militant contestataire le plus courageux et le plus honnête intellectuellement?


Sylvain, membre d'Ecosophia.

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