Développement et décroissance

Jeudi 8 janvier 2009


L'association Ecosophia vous souhaite une TRES BONNE ANNEE 2009 et une TRES BONNE SANTE.


Bon, les médias, la plupart des politiques, vous ont déjà signalé que cette année ne sera pas bonne car la crise économique sévit.

Voici des chiffres dont les médias parlent moins, puisqu'il s'agit de crises humanitaires (et non économique) :

- environ 100 000 SDF en France.

- Plus de 33 millions de personnes sont porteuses du VIH dans le monde ; dont .... 22 millions en Afrique Subsaharienne!!

- La guerre du Congo a fait 4 millions de morts en Afrique en 10 ans (1000 par jour!), dans l'indifférence médiatique totale.

- 925 millions de personnes souffrent de malnutrition.

- 5 millions d'enfants décèdent des conséquences de la malnutrition.

-150 000 décès par cancer en France.

- Plus de 30 000 décès prématurés à cause de la pollution urbaine.

-.................................


Quelles sont les conséquences humanitaires de la crise économique en France?

L'économie est au service de l'homme, pas l'inverse.
26 milliards suffisent largement à loger 100 000 SDF! Et permettraient de sauver combien d'enfants africains?


Chacun tirera ses enseignements de mon commentaire et ses (bonnes) résolutions.
J'en avais peut-être 2 en tête : relativiser ce qui vous arrive, vous encourager à agir.

Car, comme le disait l'ami Coluche tout cela n'est pas de notre faute mais ça le deviendrait si on n'y change rien.


Paix, amour, empathie.


Sylvain,
Membre Ecosophia.








 




 

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Vendredi 3 octobre 2008

Ces derniers jours, il est difficile d'échapper à la mise en garde des médias, qui craignent les conséquences de la crise financière mondiale, couplée depuis aujourd'hui à la récession économique de la France.

La situation est désormais grave : notre sacro-saint PIB a régressé ce dernier trimestre et notre taux de croissance ne sera que de 0,9% cette année.

Depuis de nombreuses années, la consommation d'anxiolitiques explose, les cancers se multiplient (+1% par an chez les enfants), les dépressions augmentent (12% de la population!), le changement climatique menace, la pollution atmosphérique fait plus de 30 000 décès prématurés par an, les inégalités explosent ; mais tout allait bien puisque notre taux de croissance dépassait les 2% par an.
Comme habituellement dans de tels cas, les télévisons, les radios, la presse écrite interrogent nos spécialistes sur les solutions à envisager ; et .......

ET..... Quelle surprise!! Oui, quelle surprise!! J'ai entendu certains "experts" économistes indiquaient dans les médias que la solution d'avenir était ..... la décroissance! Ils argumentaient par le fait que notre mode de vie n'était pas tenable économiquement mais surtout écologiquement. Ils complétaient en précisant que notre manière de consommer devait radicalement être modifiée!

Entendre cela aurait dû me faire plaisir....  Sauf que ces "experts" représentent mes profs de fac et autres grands économistes qui depuis des années ont contribué à dénigrer  " l'Objection de la croissance". Bien que ces "experts" soient encore minoritaires, il est évident que leurs rangs vont grossir. Le plus étonnant, c'est qu'ils ne reconnaissent pas leur erreur passée; mais s'auto-satisfont de leur solution-miracle présente.
Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis; mais attention certains imbéciles en changent quand même, et ils restent quand même des imbéciles.


Sylvain,

membre Ecosophia Béthune.




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Dimanche 22 juin 2008


Qu'est-ce qu'un objecteur de croissance?

L'objecteur de croissance est un individu qui prend conscience de l'absurdité de notre système socio-économique.

En effet, pendant de nombreuses décennies, la croissance économique (l'augmentation des quantités produites et consommées) a permis des effets sociaux positifs : congés payés, sécurité sociale, amélioration des conditions de vie, .....

Or, l'aberration, aujourd'hui, c'est qu'on ne recherche plus la croissance pour "ses effets de percolation sur le social"; mais pour elle-même. Nos comportements sont d'autant plus absurdes qu'aujourd'hui on accepte des régressions sociales au nom de la croissance économique!

Les courants politiques traditionnels ne remettent pas en cause ces comportements idiots.

La droite libérale prône le productivisme pour obtenir une croissance la plus forte possible au détriment de l'égalité. Pour schématiser, plus le gâteau est gros, plus les miettes le sont aussi. Le libéralisme va permettre d'augmenter plus vite la taille du gâteau et d'augmenter la part de chacun (surtout des nantis).

La gauche anti-libérale est aussi productiviste, mais elle est prête à avoir un gâteau plus petit si celui-ci est mieux réparti.

Dans toutes ces conceptions de la société, le pouvoir d'achat est prioritaire sur notre santé et notre épanouissement personnel.

Les objecteurs de croissance se distinguent par la recette du gâteau, ils préfèrent comme ingrédients : l'épanouissement personnel, la prévention de notre santé et de notre environnement.

Comme nous tous, non?


Sylvain, membre Ecosophia.

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Vendredi 16 mai 2008



Les français veulent des réformes et ont élu la majorité actuelle pour cela. Mais ont-ils la même définition du mot "réforme"?


Si l'on consulte le dictionnaire, on peut lire que la réforme est un changement opéré en vue d'une amélioration. Les français désirent donc que leurs conditions de vies s'améliorent. Pour cela, ils réclament du "pouvoir d'achat" car on les a enfermés dans une logique où le mieux vivre passe nécessairement par la possession matérielle. Il est vrai qu'un consommateur rassasié est un danger pour le système.

Le gouvernement a-t-il la même définition de l'amélioration?

Le dictionnaire donne une autre définition de la réforme. C'est le retour à une observance plus stricte de la règle primitive, dans un ordre religieux. Or, ce culte, cette vénération de la croissance, possède un caractère religieux. La croissance n'est plus recherchée que pour elle-même, et non pour ses bénéfices supposés. Elle est "divine".
La réforme est, dès lors, le retour à un libéralisme plus stricte et plus conforme à l'idéologie néo-classique ou libérale. On revient donc sur des acquis sociaux et des améliorations des conditions de vie au nom de la croissance. On enrichit les plus riches qui seraient les "moteurs"du système (bouclier fiscal, droits de succession,...) et on détériorise la situation des plus pauvres (allongement âge de la retraite, non remboursement de la sécu, remise en cause des 35 heures,...).

Alors, puisque les attentes ne sont pas les mêmes. Que va-t-il se passer si ils accélèrent les réformes? Suppression du SMIC, précarisation  professionnelle, fin du système solidaire de la sécurité sociale, fin du droit de grève, etc...; et pourtant malgré cela les inégalités continueront de se creuser, des hommes (des femmes et des enfants) continueront à dormir dans nos rues, les maladies modernes augmenteront, nos réserves naturelles diminueront et vos frustrations exploseront.

Ne faudrait-il pas, dès lors, réformer les réformes?


Sylvain, membre Ecosophia.

 

 

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Jeudi 15 mai 2008


Nous avons vu dans les 3 articles précédents que la carrière du décroissant passe par 3 étapes préalables :

-La prise de conscience de certaines insoutenabilités (écologiques, économiques, financières, humaines,...).
-La découverte et la pratique de la Simplicité volontaire comme réponse à ces insoutenabilités.
-L'appartenance et les échanges avec un réseau de simplicité volontaire qui permet d'éviter la marginalisation sociale tout en appliquant les normes et valeurs de la SV.

La dernière étape constitue une démarche collective, plus politique, au sens où elle aura davantage comme finalité de convaincre le reste des membres de la société des bienfaits indéniables de l'application des normes et valeurs de la décroissance. Les bénéfices sont aussi bien individuels que collectifs.

Cette démarche collective et politique est nécessaire à l'épanouissement social des précurseurs de la simplicité volontaire. Tant que l'usage de la voiture bénéficiera d'avantages structuraux et collectifs injustifiés et "non concurrentiels" par rapport aux autres modes de transport; l'usage du vélo ou des transports en commun restera contraignant. Tant que le travail et le consumérisme valoriseront le productisme, la rentabilité, l'individualisme et la vitesse; l'homme ne pourra s'y épanouir. Tant que la quantité sera préférée à la qualité, notre mode de vie engendrera des maladies "nouvelles".

La démarche politique, qu'elle soit ou non instrumentlisée, est nécessaire.
 
La décroissance étant anti-capitaliste (ou alter?), elle se situe évidemment à gauche sur l'échiquier politique puisque c'est une démarche contestataire.
Elle s'oppose ainsi fortement au pouvoir en place actuellement, qui valorise individualisme, inégalités, consumérisme et la croissance économique au mépris de notre santé.

Elle peut se retrouver dans les constatations des partis d'extrême gauche. Mais certainement pas dans les solutions proposées par ceux-ci puisque leus projets sont difficilement applicables. Et surtout, elles restent dans une logique de productivisme aveugle et souhaitent uniquement que les fruits du productivisme soient répartis de manière égalitaire; même si pour cela le système doit être moins efficace.

Ainsi dans le communisme, tout appartient à tout le monde, et pourtant, personne n'a l'impression de posséder quelquechose.
Le capitalisme libéral est plus perfide : tout appartient à quelques uns; mais ces quelques uns laissent l'espoir aux autres de prendre leur place. Les frustrations et les avidités assurent la sagesse des manipulés et sont les moteurs du système.

La décroissance ne peut se retrouver que trop partiellement dans le parti socialiste français, perdu idéologiquement, qui se soumet aujourd'hui à la "logique du marché" alors même que ses fondements (et sa légitimité?) reposent sur la critique de "l'aveuglement du marché". Paradoxe et absurdité d'une démarche politique où l'ambition des "cadres" prévaut largement sur l'engagement politique. Ses solutions ne consistant qu'à colmater, de façon de moins en moins efficace, les brèches engendrées par un capitalisme libéral de plus en plus dévastateur socialement.


La décroissance repose sur "l'objection de la croissance", une démocratie citoyenne plus participative et donc plus locale.
Elle reste une démarche et une société à construire pour et par le peuple. Une société moins productiviste, qui préfèrera le mieux au plus, l'être à l'avoir, l'Homme aux profits, notre santé à une science sans conscience, une production locale et écologique, la gratuité à la marchandisation,....

Des idées et démarches qui ne reposent donc pas sur des frustrations populaires (FN et partis d'extrêmes gauches), et qui sont courageuses, matures et humaines.
Sans pour au tant privilégier le conformisme, la carrière politique et la "facilité électorale" (PS, Modem, UMP).

Il convient donc de reconnaître que l'objectif semble complexe lorsque l'on observe les comportements électoraux français depuis plus de 40 ans. Bien que critiquant les "politiques" traditionnels en place (PS et UMP), les électeurs leur laissent l'essentiel des postes de décision depuis plus de 40 ans. Occasionnellement, ils expriment leurs frustrations par un vote "sanction" (FN par exemple), lâche et reposant sur des logiques "faciles": "mon malheur est le fait des autres".

Ils continuent de leur permettent cumul de mandats, démarches et propos démagogiques. Ils expriment leurs frustrations en se plaignant et en réclamant du changement, mais le veulent-ils vraiment?

Un parti politique qui prône humanisme, respect de l'environnement, non cumul des mandats, de gauche, qui parle "vrai" et qui pourtant n'a pas encore eu sa chance.... chacun devinera où est mon choix personnel. Il reste cependant à celui-ci à clarifier davantage sa position.



Sylvain, membre Ecosophia.

 















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Jeudi 1 mai 2008


Si chaque chemin qui mène à la décroissance est unique; il semble néanmoins qu'il existe des étapes de passage que l'on retrouve dans chacun d'entre eux.

Voyons aujourd'hui la première de ces étapes : la prise de conscience.

Qu'elle soit brutale ou diluée dans le temps, la prise de conscience de l'absurdité de nos comportements individuels et collectifs est la première étape vers la décroissance conviviale. Certains en prennent conscience suite au décès d'un proche, face à la maladie, après une rencontre, après la lecture d'un livre ou d'un article. Ces différents évènements aboutissent à une constatation : notre façon de vivre est stupide; et particulièrement la mienne. Les éléments qui comptent lorsque je fais "le point" ne sont pas ce que je possède mais ce que j'ai vécu.

Diverses "insoutenabilités", pour reprendre le terme de Stéphane Bonnevault, sont souvent mises en avant :

- insoutenabilité personnelle : les normes sociales mises en valeur par la société ne me permettent pas de m'épanouir : consumérisme ostentatoire, égoïsme, idolatrie de la vitesse et de la quantité, productivisme,....

-insoutenabilité pour notre santé (pour nous, nos enfants, et les générations futures): ces normes sociales valorisées par nos sociétés engendrent des dangers pour la santé humaine, pour la faune et la flore. Ainsi les maladies modernes explosent : cancers, cardio-vasculaires, scléroses en plaque, Parkinson, dépression, obésité infantile et adulte, psychiatriques, ....

-insoutenabilité sociale : explosion des inégalités au sein des pays économiquement riches et entre les pays (l'Afrique compte 15 millions d'orphelins de victimes du SIDA et 800 000 personnes souffrent de malnutrition,....).

-insoutenabilité environnementale : le changement climatique, la pollution des eaux et des terres, les menaces sur la biodiversité, épuisement des ressources fossiles, la gestion insoutenable de nos déchets, la liste est encore longue.

-insoutenabilité économique : une croissance infinie est une absurdité intellectuelle et une croissance basée sur l'immatériel une utopie.

-insoutenabilité humaine : l'humain est relégué au second plan, l'homme est considéré soit comme un facteur de production, soit comme un consommateur. L'homme est devenu un moyen d'augmenter les richesses matérielles ; ce ne sont pas les richesses matérielles qui sont mises au service du bonheur humain; mais l'homme qui est déhumanisé au nom de la sainte croissance économique.

-insoutenabilité financière : la croissance économique depuis plus de 30 ans repose sur l'endettement. Si il était surtout publique les 20 premières années, depuis 10 ans se sont les ménages qui s'endettent au delà du raisonnable. Ainsi, le système consumériste assure une consommation présente croissante par l'endettement. Qui comme le soulignait Keynes est la préférence du présent sur le futur. On consomme aujourd'hui avec ce que l'on gagnera dans quelques années.

-insoutenabilité du travail : ce n'est pas  le travail en lui-même qui est une obligation humaine, mais la valeur travail qui est insoutenable pour l'homme. Incapable d'être source d'épanouissement dans la très grande majorité des cas, il engendre des souffrances de plus en plus nombreuses : stress, absence de travail, dévalorisation...


Cette liste d'insoutenabilités n'est pas exhaustive. Le futur décroissant constate nécessairement plusieurs de ces insoutenabilités avant de passer à la deuxième étape. Prendre conscience d'une seule de ces insoutenabilités ne mènera pas l'individu sur les chemins de la décroissance.
Tout comme ces constatations ne suffisent pas pour devenir un précurseur de la simplicité volontaire. C'est que nous verrons donc dans la 2ème étape.


Sylvain, membre Ecosophia

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Mercredi 2 avril 2008


" Si il gagne cela, c'est qu'il le mérite". "C'est tout à fait normal et naturel".
Le marché autorégulé serait donc d'ordre naturel; et en plus, il aurait comme valeur fondamentale le mérite.

Le marché : un ordre naturel

Les médias, les économistes, les chefs d'entreprise, ne cessent de nous rappeler que le recul de l'âge de départ à la retraite est une nécessité, une obligation ... naturelle. Les régressions sociales et salariales ou la détériorisation des conditions de travail sont, elles aussi, normales; elles s'imposent à nous avec fatalité.

NON! Les éruptions volcaniques, les tsunamis ou les ouragans ( encore que avec le réchauffement climatique...) sont d'ordre naturel; le marché, lui, est une construction humaine. En tant que tel, il est construit et régulé par une minorité, souvent à son avantage. Comme ceux qui ont les moyens ou les possibilités de changer les règles sont les nantis, ils assurent la reproduction du système et l'accumulation de leurs propres richesses matérielles.

Le marché autorégulé : une utopie

On essaye ainsi de nous faire croire que ce marché est autorégulé, qu'il doit fonctionner tout seul, sans intervention humaine; cela permettrait de lui donner un caractère naturel et méritocratique. Toute entrave au libéralisme économique doit donc être supprimée.

En limitant les contraintes législatives, on permettrait au marché de "s'exprimer naturellement".
Dès lors, la fixation d'un revenu minimum, les 35 heures, ou encore la protection sociale sont des freins qui nuisent à notre productivité, qui ne sont pas naturels.
Par contre, le bouclier fiscal, l'exonération quasi-totale des droits de succession et la défense absolue du droit de propriété sont des dispositifs législatifs nécessaires au bien-être de tous. Ils permettraient de créer de l'activité économique, des emplois et du pouvoir d'achat.
Il semblerait donc qu'enrichir les plus riches au détriment des plus pauvres est une nécessité qui permettrait le bien-être du plus grand nombre. Tout cela dépasse bien sûr le stade de l'entendement et de l'utopie.

NON, ce n'est pas le marché qui est autorégulé mais les consommateurs-travailleurs qui s'emprisonnent dans cette idéologie consumériste. Ils ont alors comme obsession de travailler plus, pour gagner plus, pour consommer plus. Ils acceptent ainsi régressions sociales et humaines pour finalement perdre leur vie à essayer de la gagner.

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Mercredi 13 février 2008


La notion de développement durable est devenue " à la mode ", et semble faire l'unanimité dans les milieux écologiques, politiques, économiques et financiers; certainement parce que chacun a sa conception du développement.

Le terme de développement durable apparait pour la première fois en 1980, c'est l'Union Internationale pour la conservation de la nature qui crée cette notion. Mais, c'est le rapport Brundtland (1987) qui lui donne une définition reconnue mondialement : " répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins". 

Qu'est-ce que, alors, compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs besoins? Et, surtout, quels sont leurs besoins? Car, cela suppose que nous sommes aujourd'hui en mesure d'estimer les besoins futurs! Et, que donc, cette conception des besoins est celle de l'Occident actuel, qui après avoir imposé sa vision du monde et son mode de vie aux autres cultures, veut l'imposer aux générations futures.
Stéphane Bonnevault considère ainsi que le développement est un projet historique et culturel particulier dont les bases ont été jetées par l'économie dominante et dont l'aboutissement est la marchandisation du monde. Gilbert Rist partage la même vision en définissant le développement comme "un ensemble constitué de pratiques contradictoires en apparences qui, pour assurer la reproduction sociale, obligent à tranformer et à détruire, de façon généralisée, le milieu naturel et les rapports sociaux en vue d'une production croissante de marchandises. Serge Latouche complète l'argumentaire en indiquant que la supériorité de l'Occident est "d'avoir inventé les forces matérielles et morales de destruction capables d'assurer sa domination sur les autres sociétés; et finalement de leur imposer sa valeur suprême : le développement".

La définition du rapport Brundtland confirme aussi que notre mode de développement n'est pas durable, puisqu'il faut rechercher un développement qui lui, soit durable. Certains considèrent ainsi que l'on peut définir 3 sphères : économique, sociale et environnementale. Et, que, dans notre mode de développement actuel, la sphère économique a tellement pris de l'importance qu'elle a pris le pas sur les 2 autres sphères. Au nom de la rentabilité économique, on subit ainsi des régressions sociales (allongement âge de la retraite, croissance des inégalités,...) et la destruction de notre environnement (biodiversité menacée, changement climatique, pollutions des eaux,....). La solution consisterait donc à rétablir un équilibre entre les différentes sphères. Mais, il faut concéder que la plupart des médias et de nos contemporains considèrent que le développement durable est simplement un rééquilibrage entre la sphère environnementale et économique. Quand bien même il n'est pas limité à un développement adapté à la lutte contre le changement climatique. Le développement durable est alors proche "d'existence de l'espèce humaine durable" et consiste à éviter l'auto-destruction, il devient simplement un mode de développement respectueux de l'environnement.

La définition du développement durable est suffisemment imprécise pour donner lieu à de multiples interprétations; et permet ainsi un consensus qui s'impose à tous au nom de la morale.

Pour moi, le développement durable doit être un mode de développement qui respecte l'humanité dans son ensemble , en tous lieux et en tous temps. Le développement durable doit  donc être un mode de développement qui ré-humanise nos sociétés, et replace l'Homme (et les femmes) au centre de nos préoccupations. 
Ou pour reprendre les termes initiaux : le développement durable est un système d'organisation sociale qui permet de répondre aux besoins essentiels et totalement libres de l'ensemble des membres des peuples actuels et futurs. 
La recherche de la croissance ou de la décroissance ne peuvent alors être des objectifs finaux.


Sylvain,


pour aller plus loin : Stéphane Bonnevault, Développement insoutenable, Editions du croquant (2003).

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Mardi 12 février 2008
Amartya Sen est un économiste Indien qui a obtenu le prix Nobel d'Economie en 1998. Lors de son enfance au Bengale, alors sous "domination" anglaise, une famine frappe sévèrement le pays et fait 3 millions de morts. Il relate ainsi les visions macabres d'hommes, de femmes et d'enfants qui viennent mourir dans l'enceinte de son école. Plusieurs années plus tard, il s'intéresse aux études sur cette famine, qui montrent que la quantité de nourriture alors disponible au Bengale n'était pas particulièrement faible. D'autres famines meurtrières mettent en avant le même paradoxe. Au Bangladesh en 1973, une famine survient alors que la quantité de nourriture disponible est à son sommet! 

Amartya Sen propose alors de ne plus se focaliser sur les biens premiers ou sur les ressources dont les individus disposent ( notre fameux taux de croissance économique) pour mesurer l'efficacité d'un système social. Mais il propose de s'intéresser aux vies réelles que des individus peuvent choisir de vivre, vies qui représentent différents modes de fonctionnement. Ces modes de fonctionnement peuvent aller d'être convenablement nourri, de boire de l'eau potable, d'être en bonne santé à des modes de fonctionnement moins mesurables et plus subjectifs: être heureux, ressentir de l'estime pour soi, voir grandir ses enfants,...
Chaque individu possède alors sa combinaison de fonctionnements humains, qu'il choisit entre plusieurs combinaisons possibles. Ce choix entre plusieurs combinaisons constitue alors ce que l'on peut appeler la capabilité de la personne. Chacun peut choisir librement entre plusieurs combinaisons de fonctionnements humains. Et, le choix de l'organisation sociale doit être fait en fonction de sa capacité à promouvoir les capabilités humaines. 

Bien conscient que le paragraphe qui vient de se terminer n'est pas d'une compréhension excessive, je vous propose de vous donner mes interprétations de ce "classement" d'organisation sociale. 
Boire une eau potable de façon suffisante est un fonctionnement humain qui se retrouve dans la quasi-totalité des capabilités humaines. Ainsi, un système socio-économique  qui réduirait l'accès à l'eau potable réduirait le nombre de capabilités humaines. Il serait dès lors moins "efficace" qu'un système qui donne l'accès potable à tous quand bien même il permettrait de produire 2 fois plus de biens matériels. 

En extrapolant et en réinterprétant, je dirais donc que les objectifs prioritaires d'un pays, d'une communauté doivent être fixées par le peuple. 
Dès lors, les objectifs fixés par ordre décroissant, comme par exemple boire suffisemment, manger à sa faim, avoir un toit, vivre en bonne santé, jouir d'une alimentation adéquate, etc.....; l'Etat fixe des indicateurs de mesure de ces objectifs. Il est alors plus aisé d'accroître les capabilités humaines d'un système.

Sylvain,

A lire : Amartya Sen, L'économie est une science morale, La Découverte, 1999.
Par ecosophia
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