simplicité volontaire

Mercredi 15 avril 2009


La simplicité volontaire ne se légitime pas et ne repose pas sur la peur de l'apocalypse et de la maladie. La culpabilité et le culte de la sobriété ne sont pas à la base de la logique de la simplicité volontaire.


L'apocalypse?

Comme je l'ai souligné dans les articles précédents, l'humanité est condamnée à court ou plus long terme. De même, l'homme est condamné à la mort ; la simplicité volontaire ne vous garantit pas l'immortalité, ni même une vie plus longue.

Ainsi, les conséquences du changement climatique, le respect de l'empreinte écologique, la lutte contre la pollution, l'épidémie de cancers, les SEP, les maladies neuro-dégénérétatives ne sont pas des arguments justifiant directement la simplicité volontaire. Ce sont les conséquences néfastes de notre système socio-économique actuel.

La simplicité volontaire est une philosophie de vie qui permet à l'homme de s'épanouir davantage, de vivre mieux et en meilleure santé.
On choisit  la simplicité volontaire car cette phisosophie de vie permet d'améliorer notre qualité de vie. On réduit notre stress, consacre davantage de  temps à des activités épanouissantes, on améliore notre santé (moins de pollution, moin d'obésité, moins d'anxiolitiques,...), on se libère de la pression consumériste et on se "désindividualise". En résumé, on réapprend à vivre et aimer l'instant présent.


Sobriété forcée?

La simplicité volontaire ne peut reposer sur le culte de la sobriété ou d'une frustration généralisée. Un tel comportement me semble aussi irrationnel que celui de la surconsommation.
Elle préconise de ne pas agir par pulsion consumériste mais par envie réelle, on pourrait qualifier cela de sobriété raisonnée. Les comportements du précurseur de la simplicité volontaire sont motivés par la raison, ce n'est pas une espèce de pratique sadomasochiste de la frugalité où le plaisir viendrait de la privation.



En résumé?

La simplicité volontaire ne se légitime pas par la peur et n'a pas comme moteur la culpabilité ; il ne s'agit pas d'une compétition du moins pollueur. Elle repose sur la non violence qu'elle soit verbale, physique ou psychologique. Ainsi, il ne s'agit pas de culpabiliser les autres en considérant que l'on est l'exemple à suivre. On montre uniquement un chemin différent.

La simplicité volontaire n'est pas une secte, ni une religion. Cette philosophie de vie ne se subit pas, elle s'approprie progressivement. Elle n'appartient à personne et ne doit pas être suivie strictement mais adaptée aux besoins réels et situations de chacun.
Elle est un remède contre notre société consumériste qui s'étouffe de ses frustrations. 

Evidemment, tout comportement qui s'écarte de la société de consommation va être ridiculisé et marginalisé. De même, la société repose sur une logique d'organisation souvent contraire à celle de la simplicité volontaire.
La simplicité volontaire nécessite ainsi des réseaux ou une démarche plus collective (qui passe par l'engagement citoyen ou politique) pour mieux s'appliquer.


J'espère que ce texte répondra aux interrogations et aux doutes des personnes qui ont assisté à la projection du film "simplicité volontaire et décroissance" au Poche à Béthune. Et aux autres aussi......


Sylvain,
Membre Ecosophia

 

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Jeudi 8 mai 2008


La 2ème étape de la "carrière du décroissant" est, nous l'avons vu, la découverte et l'application des normes et valeurs de la S.V. Certains resteront dans cette philosophie de vie et ne deviendront pas des décroissants; d'autres ressentiront le besoin ou l'envie "d'aller plus loin". 

Certaines personnes totalement satisfaites de la simplicité volontaire désireront partager leur expérience et transformer leur démarche individuelle en une action plus collective.
D'autres précurseurs de la SV rechercheront dans l'action collective une aide. Ils rencontrent des difficultés à vivre quotiennement selon les normes et valeurs de la SV; à cause de la marginalisation et de la dévalorisation des valeurs de la SV. Par le groupe, ils trouveront une reconnaissance sociale et partagerons des pratiques et des expériences.

A noter que les individus qui ne trouvent pas de réseaux de SV ou qui ne sont pas satisfaits peuvent revenir à la 2ème étape ou quitter les chemins de la décroissance par dépit.

A ce stade, la démarche n'est plus individuelle mais devient collective. Ainsi, ces réseaux de SV constituent la découverte de la décroissance soutenable. D'ailleurs l'étiquetage (la visibilité de l'appartenance à la décroissance) devient davantage revendicatif.
Le positionnement devient plus politique (sans instrumentalisation) dans le sens où les précurseurs de la SV essayent d'imposer leurs normes et valeurs au reste de la société.


Sylvain, membre Ecosophia

 

Par ecosophia
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Jeudi 1 mai 2008


Nous avons donc vu qu'il est nécessaire de prendre conscience de certaines insoutenabilités pour devenir un futur décroissant. Mais, une fois cette prise de conscience effective; divers comportements vont émerger. Certains vont préférer accepter ces insoutenabilités plutôt que d'affronter ce problème, ils quittent alors le chemin qui mène à la décroissance.
Comme à chaque transition entre 2 étapes, il existe des obstacles. Le principal entre la prise de conscience et la simplicité volontaire est la peur du changement et la préférence pour ce que l'on connaît. Mais d'autres entraves peuvent apparaître comme l'incompréhension des proches ou la peur de se marginaliser. L'individu peut aussi trouver une autre réponse : engagement associatif qui ne répond qu'à certaines insoutenabilités, participation à une secte, suicide, etc...
La simplicité volontaire est la réponse courageuse, positive et optimiste à la prise de conscience de l'ensemble de ces insoutenabilités.


La simplicité volontaire?

Bien que la simplicité volontaire soit une réponse aux critiques du "consumérisme capitaliste libéral", on trouve déjà les fondements de cette philosophie de vie chez Socrate et Epicure. Plus récemment, Tolstoï, Ruskin,Thoreau, Ghandi, Ivan Illich ou Bergson sont considérés comme les fondateurs idéologiques de la simplicité volontaire. C'est Richard Gregg, un disciple de Ghandi qui utilise le terme de "simple living" pour la première fois. En 1981, le livre de Duane Elgin s'intitule "voluntary simplicity". C'est d'ailleurs dans les années 1980 que ce courant se développe dans les pays industrialisés et finit par arriver en France par l'intermédiaire du Québec et de Serge Mongeau.

La simplicité volontaire?

La simplicité volontaire est une démarche individuelle qui va chercher la simplification pour améliorer la qualité de vie. C'est une philosophie de vie qui cherche à être moins dépendant de l'argent, plus respectueux de l'environnement, qui privilégie la qualité à la quantité et qui refuse un consumérisme absurde. Le précurseur de la simplicité volontaire peut ainsi de désencombrer ou encore se libérer du temps travaillé pour des activités qui l'intéressent.

3 devises peuvent illuster la simplicité volontaire :

"Vivre simplement pour que simplement d'autres puissent vivre" (Ghandi) : En agissant en opposition aux normes sociales valorisées, le précurseur de la simplicité volontaire va, non seulement, rendre son existence plus soutenable mais va aussi agir pour les autres. Par exemple, en mangeant des produits "bio", il contribue à sa bonne santé, à celle de ces concitoyens et à celle des générations futures.

"Être plutôt qu'avoir" : Le précurseur de la SV va préférer vivre des choses plutôt que de les posséder. En se désencombrant, en travaillant moins, en limitant ses achats au nécessaire et en évitant le superflu ; il limite sa dépendance financière et se libère du temps pour vivre des activités épanouissantes.

"Sois le changement que tu veux voir dans le monde" : La simplicité volontaire est une démarche individuelle. Le précurseur de la SV n'attend rien de personne, il agit lui-même pour lui-même et pour les autres.


Une réponse aux insoutenabilités :

Incontestablement, l'application de la philosophie de vie de la SV permet de répondre aux diverses insoutenabilités. Mais les obstacles sont nombreux et proviennent surtout de l'extérieur. La transgression des normes sociales valorisées se fait ressentir dans tous les domaines de la vie quotidienne. Se déplacer, se nourir, ou travailler dans le respect des principes de la SV rencontrent l'oppositon sociale. Au travail par exemple, on exige productivité, individualisme et on valorise la performance à "tout prix". Les obligations sociales et familiales sont si nombreuses, qu'il n'est pas toujours évident "de ne pas courir".
La société dévalorise ou ridiculise tout comportement qui s'écarte des normes et valeurs consuméristes.
Dans le même temps, les commerces traditionnels proposent des produits pour "faire rentrer dans le rang" les déviants de la SV : produits bio, issus du commerce équitable, respectueux de l'environnement. Le concept de développement durable essaye de faire accepter une croissance durable et est récupérée par la société consumériste. 
La peur de la désocialisation, le mal être de la marginalisation et la pression sociale poussent certains "décroissants potentiels" hors du chemin. Le développement durable constitue alors pour certains une alternative convenable et plus aisée.

Certains resteront à cette étape définitivement, car ils y ont trouvé les réponses à leurs attentes.
D'autres pour des  motivations différentes, rechercheront à accéder à la 3ème étape. C'est que nous étudierons dans le prochain article.


Sylvain, membre Ecosophia.

 

Par ecosophia
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Vendredi 25 avril 2008


A l'approche du dépôt des déclarations fiscales et pour l'anniversaire de l'arrivée au pouvoir de M. Sarkosy, vérifions "sa principale promesse", lui le "président des travailleurs à bas salaires...".

Prenons l'exemple d'un jeune célibataire, sans enfant, qui gagne 15 000 euros par an et qui travaille à temps plein. 2 cas :
A : il a effectué 100 heures supplémentaires et a gagné ainsi 1000 euros de plus sur l'année.
B : il a refusé de faire des heures supplémentaires.


Cas A :
500 euros d'impôt à payer moins 280 euros de prime pour l'emploi, soit un impôt dû de 220 euros.
Un revenu fiscal (qui sert pour le plafonnement de taxe d'habitation et les différentes aides) de 14 400 euros.

Cas B :
toujours 500 euros à payer moins 473 euros de prime pour l'emploi (!!! ben alors!!), soit un impôt du de 27 euros.
Un revenu fiscal de 13 500 euros. (un gain potentiel de 40 euros sur la taxe d'habitation!).


Moralité : il semble plus intéressant d'être ... décroissant.

Donc pour votre bien-être, une solution, venir regarder et discuter avec nous du film simplicité volontaire et décroissance ce merdredi 7 mai aux Etoiles à Bruay-la-Buissière à 20h30.

 

Par ecosophia
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Mardi 15 avril 2008


Dans un des premiers textes, j'ai employé le terme "d'adepte" de la simplicité volontaire. Ayant un peu étudié le marketing commercial et le marketing politique, je connais l'importance de la sémantique dans les opérations de communication. Ainsi, ce terme d'adepte est une erreur de "marketing idéologique". Il fait penser à une secte, et renvoit à l'appartenance à un parti politique, à une religion ou une doctrine; et étymologiquement, il signifie "qui a obtenu". Qui a obtenu donc, de quelqu'un un message, une doctrine. Or, la simplicité volontaire est une démarche avant tout individuel, et le résultat d'une réflexion personnelle. Double erreur donc : un côté péjoratif et un terme qui définit très mal la simplicité volontaire.

Cependant, je ne trouvais pas de terme équivalent "convenable", jusqu'à aujourd'hui. Aux adeptes de la simplicité volontaire, je préfère ainsi, les précurseurs de la simplicité volontaire.

Le reproche que "l'opinion publique" adresse généralement aux "simplistes volontaires" est un retour vers le passé, un refus du progrès et une approche pas assez concrète.
Or, le précurseur est un visionnaire qui annonce le futur.

Aujourd'hui, d'adeptes qui suivent de façon moutonnière un gourou vers le passé; nous sommes devenus les aventuriers qui ouvrent aux autres les chemins du futur.

Sylvain, membre Ecosophia

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Samedi 29 mars 2008


Toujours dans le cadre d'un futur débat, vous pouvez déjà y participer en nous donnant votre définition de la décroissance.

Vous pouvez toujours aussi nous donner votre définition de la simplicité volontaire.


Merci d'avance pour votre participation.



Par ecosophia
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Samedi 8 décembre 2007


Une démarche individuelle :

La simplicité volontaire est un mode de vie qui est  individuel et qui vise à améliorer la qualité de vie. Pour atteindre cet objectif, l'individu se libère de la contrainte monétaire, refuse la (il)logique sociale du  toujours plus, toujours plus vite. Il préfère ainsi le mieux au plus. Cette démarche individuelle est respectueuse de l'environnement et préfère l'être à l'avoir.


Rejet de la société de consommation :

La simplicité volantaire rejette la philosophie de vie de la société de consommation, dans laquelle, on consacre l'essentiel de son temps à travailler pour gagner plus d'argent dans le but de satisfaire ses besoins matériels (en réalité des frustrations). Ces frustrations permanentes et les insatisfactions sont la base de notre système économique dédié à la croissance économique. L'homoeconomicus croît naïvement qu'il atteindra le "nirvana" par la consommation maximale. Cette croyance perdure car, tout mode de vie qui remet en cause cette logique de raisonnement et de comportement, subit railleries et dévalorisations. 

L'omniprésence de la publicité et la pression sociale concourent à ce que les frustrations soient de plus en plus nombreuses. Le consommateur continue ainsi indéniablement à courir après un bonheur imaginaire et passe à côté des choses importantes de l'existence. Finalement, il perd sa vie à essayer de la gagner.


Concrètement :

L'adepte de la simplicité volontaire essaye d'assouvir ses réels besoins et consomme logiquement moins ( il ne possède pas 50 paires de chaussures). Il restreint ainsi la contrainte financière du travail et se libère de la société de consommation. Il libère du temps libre (en travaillant moins) pour des activités qui ont de l'importance pour lui ou sa santé (sports,  lectures, famille, monde associatif, ....).


Pas une régression, un progrès :

La simplicité volontaire n'est pas une régression ou un retour vers le passé. C'est un mode de vie qui permet à l'humanité de s'adapter aux crises modernes :

-le chômage : en partageant le temps de travail.
-le stress : en se libérant du travail, de la pression financière et en se donnant du temps libre.
-écologique : en réduisant sa consommation et en sélectionnant davantage sur des critères qualitatifs des produits sains et respectueux de l'environnement.
-la montée de l'individualisme et de l'égoïsme : en se libérant du temps pour les autres et la vie sociale.
-les maladies modernes (cancer, maladies cardio-vasculaires, neurologiques, la baisse de la fertilité), en préférant des produits naturels, de qualité, sans molécules chimiques dangereuses, et en consacrant du temps à son bien-être.


En résumé, la simplicité volontaire c'est préférer vivre des choses plutôt que les posséder. 



Sylvain.

Par ecosophia
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Lundi 3 décembre 2007


                                                   MIEUX PLUTÔT QUE PLUS



Historiquement, ce terme a été utilisé pour la première fois par un journaliste britannique qui qualifiait ainsi le mode de vie du Mahatma Gandhi. Celui-ci avait fait le choix d'une certaine frugalité matérielle, de la non-violence dans toute action et dans toute communication.

La simplicité volontaire est donc une philosophie de vie qui s'inspire de ces dogmes, sans pour au tant chercher à imiter à l'identique la manière de vivre de Gandhi.


Aujourd'hui, elle repose sur divers constats:

- La recherche aveugle et obstinée  de l'augmentation du  taux de croissance du PIB (produit intérieur brut) ne peut être l'unique leitmotiv de nos sociétés. Elle est encore moins la solution à tous nos problèmes et propablement la responsable de certains d'entre eux.

-Ainsi, notre mode de vie n'est pas soutenable sur le plan écologique, et l'on sait pertinemment que le niveau de consommation occidental ne pourra jamais être étendu au reste de l'humanité. Les calculs de l'empreinte écologique du WWF et les conclusions récentes du GIEC en sont malheureusement la preuve.

- Notre mode de vie est foncièrement égoïste, à l'égard des populations du Sud et des générations futures.

- Notre mode de vie engendre des nuisances qui se retournent contre nous. Nos modes de vie, notre alimentation, l'abondance de molécules chimiques dans notre environnement, le stress généré par notre travail favorisent indéniablement cancers, maladies cardio-vasculaires et neurologiques. 

- La quête du bonheur et de l'épanouissement à travers la consommation est un leurre. Les publicitaires ont d'ailleurs bien compris que les consommations étaient d'abord des consolations. Celles-ci sont nécessairement superficielles et éphémères car nous devons au plus vite repartir acheter et augmenter le taux de croissance de notre économie. Beigbeder concédait : "dans ma profession, personne ne souhaite votre bonheur, parce que les gens heureux ne consomment pas."


En résumé, la simplicité volontaire est un mode de vie rationnel qui privilégie le qualitatif au quantitatif. 
Et qui refuse de limiter l'idée de progrès à celle de croissance économique et d'abondance matérielle; celle-ci ne pouvant être le signe électif de l'humanité. 


                                                                              Sylvain, membre de l'association ecosophia

Par ecosophia
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