Ca y est, j'ai été voir le film ; à signaler 2 projections par jour dans le cinéma de Clermont-Ferrand où je me suis rendu mais pas de débat après, dommage.
Voilà donc mes 5 aspects négatifs et positifs. Ce n'est donc pas une réelle critique puisqu'elle n'est pas objective, mais personnelle.
En résumé, allez voir le film mais gardez un esprit critique et ne tombez pas dans le pathétisme.
Mes aspects négatifs :
1- Le film est un ensemble de témoignages, pas un documentaire scientifique; or il est très ambigu sur son caractère. Au cours du film, on nous "balance" des chiffres sans réelle explication; ils sont repris dans la bande-annonce finale; mais celle-ci défile trop vite pour permettre une lecture ne serait-ce que rapide! Une impression générale d'accentuer volontairement le lien entre pesticides et certaines maladies; des ambiguités, des imprécisions qui peuvent être trompeuses.
2- Je n'ai pas apprécié la lettre du Pr Belpomme lue par la maman dont la fille a été malade et adressée à cette maman. Il établie directement un lien entre l'utilisation d'un insecticide par la maman et la maladie de sa fille. Certes, on saît que l'utilisation d'insecticides domestiques pendant la grossesse et au contact de jeunes enfants favorisent certains cancers (voir étude récente de l'INSERM) ; mais de là à dire avec certitudes que c'est l'insecticide qui a engendré la maladie. Et quant bien même! Cela ne fait qu'accentuer le sentiment de culpabilité de la maman, déjà important.
3- Le Témoignage de la maman, justement, tombe dans le "voyeurisme" et le pathétisme. Je peux comprendre la volonté de celle-ci de prévenir les autres parents du "danger". Mais elle porte encore les stigmates de cette épreuve difficile; pourquoi une interview si longue? Si ce n'est pour provoquer l'émotion?
4- Plus un regret qu'une critique ; j'aurais préféré que l'on insiste davantage sur les démarches de la municipalité pour mettre en place le bio dans les cantines et sur les difficultés rencontrées. Le maire évoque une décision "contre la majorité de la population", certaines difficultés sont évoquées, mais dans le film tout à l'air de se dérouler comme dans un "conte de fée". Pour la population, je ne pense pas que le seul inconvénient de ceux qui font la démarche du bio soit le prix; le manque de temps est un frein récurrent de nos sociétés modernes.
5- Pas de débat, pas de témoignages d'individus pro-agriculture traditionnelle (sauf épisodiquement 2 agriculteurs traditionnels très calmes). Les scientifiques qui interviennent comme le Pr Belpomme, le Pr Sultan ou encore Veillerette, sont reconnus pour être à l'extrême opposé des positions des industriels ; des interventions plus nuancées, des arguments contraires auraient été plus judicieux. N'est-il pas préférable de "démonter" les arguments adverses plutôt que de les ignorer?
Mes aspects positifs :
1- L'idée du "potager des enfants" à l'école, une bonne idée pédagogique, aux potentialités importantes.
Plutôt que de lire la lettre de Guy Mocquet?
2- La critique de l'argument du prix plus faible des fruits et légumes "productivistes"; l'intervenant démontre bien que l'agriculture traditionnelle fait payer à la communauté ses externalités négatives sur la santé, la dépollution ou encore le traitement de l'eau! L'agriculture BIO est DONC MOINS CHERE que celle traditionnelle lorsque l'on prend tous les coûts en compte!! (mais bon ça arrange pas le business de Monsanto....).
3- Les enfants qui ne "jouent pas"; mais pourquoi ne pas leur laisser davantage la parole? La relation "vrai" avec leur professeur des écoles et la chanson.
4- Un intervenant qui signale que mettre en place le bio pour le bio, ça n'a pas d'intérêts. Cette démarche doit s'intégrer dans une manière de vivre différente. D'ailleurs, d'autres intervenants soulignent que leur conception "de leur frigo" a changé avec le bio.
5- L'idée de prendre l'introduction du bio dans une cantine comme point de départ. Comme le souligne un intervenant, une autre politique agricole commune permettrait de généraliser la démarche à toutes les écoles d'Europe! Le maire souligne aussi que c'est sa décision, impopulaire électoralement, qui a introduit le Bio.
La volonté politique et le courage politique peuvent donc être à la source de réels changements. Rien n'est perdu et tout peut aller très vite.
Ainsi, lorsqu'on dépense au tant d'énergie pour créer un fonds européen pour permettre à ceux qui se sont enrichis en spéculant au mépris de toute précaution et moralité de continuer à le faire avec plus de précautions ; on peut réussir à introduire le bio dans toutes les cantines d'Europe.
En conclusion :
Je préfère le bio à l'agriculture traditionnelle car :
- elle est moins chère pour la communauté.
- elle ne fait pas courir de risques pour notre santé (infertilité, malformations congénitales,...).
- elle produit des fruits et légumes de meilleure qualité nutritionnelle.
- elle ne détériore pas la qualité de nos eaux, nos terres, "notre" faune, "notre" flore.
- elle s'inscrit dans une logique de vie qui préfère la proximité, la qualité, et la santé à l'indifférence, la quantité et le profit.
Sylvain,
Membre Ecosphia.
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