Je n'ai vu pour l'instant que la bande-annonce, je ne peux donc donner mon avis sur le film.
Il s'appuie sur l'introduction du "bio" dans une cantine scolaire. Je n'ai lu pour le moment que des critiques sur les effets ou non des pesticides utilisés dans l'alimentation humaine.
J'espère que le film ne se limite pas à cet aspect car il existe d'autres arguments incontestables qui prouvent que notre alimentation industrialisée nous rend
malade.
Je citerais en exemple la surcharge volontaire des aliments manufacturés en sel et en sucre au nom du profit ou encore l'utilisation de certains colorants pour doper les ventes (voir article sur
ce blog, rubrique santé) ; d'où obésité et son lot de maladies (diabètes, surpoids,...) et maladies cardio-vasculaires. Je ferais quand même remarquer que plusieurs études ont montré que les
produits "bio" avaient des qualités nutritionelles meilleures.
Pour en revenir à la bande-annonce :
pour la voir : http://www.nosenfantsnousaccuseront-lefilm.com/
Une critique de cette bande-annonce fréquemment reprise sur le web : www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1004.
Ma critique de cette critique :
D'abord, il limite sa critique au lien entre résidus de pesticides dans l'alimentation humaine et cancer.
Ensuite, il évoque 3 arguments :
- Il critique le fait que le film fasse un amalgame entre exposition de l'exploitant agricole aux pesticides et contamination des consommateurs par l'alimentation. Il estime ainsi que
la faible concentration de pesticides dans l'alimentaion humaine est trop faible pour avoir des effets sur la survenue d'un cancer.
Mais l'alimentation humaine n'est pas l'unique source de contamination aux pesticides, il y a aussi par exemple les poussières, les phytosanitaires domestiques (voir ci-dessous). Et,
qu'en est-il du lien entre pesticides et infertilité ou pesticides et malformations congénitales? Quand bien même le lien entre résidus de pesticides et conséquences pour la santé humaine ne fait
pas l'unanimité dans le monde scientifique, peut-on continuer à en déverser de telles quantités alors que ces produits sont persistants, et attendre le consensus!
- Il critique l'intervention du Professeur Belpomme qui alerte sur l'épidémie de cancers et indique que le nombre de cas de cancers est stable si l'on tient compte du vieillissement de la
population et d'un meilleur dépistage ; et il cite en source une étude de 2005.
Or, le récent rapport de l'INSERM qu'il cite dans le début de son argumentation indique une augmentation de 35% des cancers pour les hommes et de 43% pour les femmes entre 1980 et 2005 et EN TAUX
STANDARDISES c'est à dire que cette augmentation tient compte de l'accroissement de la population et de son vieillissement. On peut aussi retrouver à la page 7 du rapport de l'INSERM : "chez
l'enfant l'utilisation domestique de pesticides, notamment d'insecticides domestiques, par la mère pendant la grossesse et pendant l'enfance a été régulièrement associée aux leucémies et à un
moindre degré aux tumeurs cérébrales". Lisez la recommendation du rapport elle est stupéfiante! (lien ci-dessous).
-Il critique le côté théatral de l'intervention du Professeur Myers à L'UNESCO (à la façon Al Gore avec sa courbe qui grimpe). Malheureusement, ce genre de démonstrations marque le grand
public, j'ai déjà pu le constater sur le net.
Mais, ce Professeur fait un constat important, il indique que c'est la première fois qu'une génération vivra en moins bonne santé que ces aînés. Il ne compare donc pas la génération future
avec celle du début du millénaire, mais avec celles de ses parents et grands-parents.
Le lien pour voir le rapport de l'INSERM (version publique courte, le rapport fait plus de 600 pages sinon) :
www.inserm.fr/fr/presse/communiques/ec_cancer_environnement_21008.html (format pdf pour
l'intégralité).
Attention le tableau repris en annexe utilise des taux annuels moyens, par exemple le nombre de cancers du sein a augmenté de plus de 10% entre 2000 et 2005.
En conclusion :
Le débat n'appartient pas aux scientifiques, si allez voir ce film permet de le mettre sur la place publique, alors
allez-y.
Pour rester dans les dogmes du marché auto-régulé, je dirais qu'incontestablement l'industrie agro-alimentaire est privilégié par rapport au "bio" car elle bénéficie d'une subvention
déguisée.
En effet, ses effets néfastes sur la santé humaine et sur la biodiversité sont payés par la collectivté. Alors que le "bio" qui n'engendre pas ces "externalités externes" doit payer en plus, en
remerciement, pour obtenir un label.
Sylvain,
membre Ecosophia.
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